
Arrivée en France à 8 ans sans parler un mot de français, Angela Naser a appris la langue dans les livres des bibliothèques municipales. Elle préside aujourd'hui Women in Tech France, exerce des fonctions financières à l'ONU et a été nommée conseillère du commerce extérieur de la France. Enregistré chez NGE lors de l'inauguration de l'espace innovation construction avec Contech France, cet épisode du podcast Les Bâtisseurs parle de tech, d'industrie et de la seule compétence qui compte vraiment selon elle : apprendre à apprendre.
De l'usine à la direction des opérations d'un géant de la finance
Angela Naser commence à travailler à 16 ans, à l'usine, puis en caisse et chez Pizza Hut. « Ce sont ces jobs qui ont fait ce que je suis aujourd'hui. Ils m'ont appris la gestion de crise et le travail en équipe. » Après deux années de médecine, elle bifurque vers le commerce international, par passion pour le marketing.
Elle entre chez General Electric Capital presque par hasard, en intérim, sans rien connaître à la finance. Six mois plus tard, à 23 ans, elle manage une équipe de 6 000 personnes. Elle gravit les échelons jusqu'au poste de COO. Elle en tire une leçon sans détour : à 23 ans, sans grande école, « jamais un groupe bancaire français » ne lui aurait donné cette chance. Suivront notamment trois banques digitales lancées pour le groupe BPCE.
Sa philosophie tient dans une citation de Mandela qu'elle reprend volontiers : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends. » Et une règle de management : rester humble, rester sur le terrain, et ne jamais se croire irremplaçable.
Women in Tech France : trois leviers concrets
Women in Tech est une ONG internationale fondée en 2018, reconnue par les Nations Unies, gratuite pour ses membres et ouverte aux hommes, qui représentent environ 30 % de ses adhérents. En lançant la branche française, Angela Naser a choisi trois axes :
- La jeunesse, avec des hackathons qui mélangent des lycées REP et REP+ avec de grands lycées parisiens, et les premiers hackathons organisés dans les DOM.
- L'accès aux réseaux d'influence, avec des rencontres mensuelles accueillies par des entreprises. Bilan annoncé sur un an : 137 CDI signés et plus de 7 millions d'euros levés par des start-up.
- L'accès à la formation tech, avec des partenariats qui rendent des formations coûteuses accessibles à des tarifs symboliques.
La place des femmes : le constat reste sévère
Les femmes sont nombreuses dans les filières scientifiques et la finance, mais quasiment absentes des postes exécutifs. Dans la construction aussi, le sujet reste entier. Angela Naser, qui a longtemps refusé l'idée de quotas (« je voulais un poste parce que j'étais la plus compétente »), avoue que son arrivée dans la banque française, où elle était souvent la seule femme autour de la table, l'a fait réfléchir.
IA : se former ou être remplacé
Sur l'intelligence artificielle, son message est sans ambiguïté : « L'IA ne va pas remplacer l'humain. Par contre, les humains qui ont intégré l'IA vont remplacer ceux qui ne savent pas. » Les métiers ne disparaissent pas, ils changent : un juriste passera moins de temps à chercher un texte et plus de temps à conseiller. Elle rappelle que les premiers lycées à répondre à ses hackathons ont été des lycées agricoles, « parce qu'ils sont devenus tech ».
Son conseil tient en deux mots : formez-vous. Elle-même enchaîne les certifications chaque année, dans l'IA comme dans la cybersécurité avec l'IHEDN, et rappelle que les droits CPF représentent « des milliards qui dorment ».
Notre approche Data & IA : l'IA réussit quand les équipes suivent
Le message d'Angela Naser rejoint ce que nous observons chez Synaxe Services : un projet d'IA échoue rarement à cause de la technologie. Il échoue parce que la donnée n'est pas prête, parce que le cas d'usage est mal choisi, ou parce que les équipes ne se l'approprient pas. Notre offre Data & IA est construite pour éviter ces trois écueils. D'abord acquérir une donnée fiable, issue du terrain, des capteurs et des logiciels métier. Puis l'exploiter proprement, avec une architecture, une gouvernance et une sécurité adaptées aux secteurs réglementés dans lesquels nous intervenons, de la construction au secteur public et à la finance. Enfin l'activer, avec des tableaux de bord, de l'analyse prédictive, du machine learning et de l'IA générative, sur des cas d'usage choisis pour leur valeur métier plutôt que pour l'effet d'annonce. À chaque étape, la conduite du changement et la formation font partie du projet, pas d'une option : un outil que personne n'utilise ne crée aucune valeur. Dans le BTP comme ailleurs, l'enjeu n'est pas de remplacer les métiers, mais de donner aux équipes de terrain les moyens de décider plus vite et mieux. Pour en parler, contactez nos équipes.
Écouter l'épisode complet
Retrouvez l'intégralité de cet échange dans le podcast Les Bâtisseurs : #49 Angela Naser - Women in Tech.
Pour aller plus loin : Women in Tech France · Angela Naser sur LinkedIn