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Les bâtisseurs

Groupe Batibig : quand la reprise de PME devient un accélérateur de carrières dans le bâtiment

Écrit par
Zineb CLAUDEL
Publié le
18
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06
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25
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Découvrez comment le groupe Batibig, fondé par Charles Bignon, a construit un réseau de 64 entreprises du bâtiment autour de la reprise de PME, de la formation, de la RSE et de la rénovation énergétique.

Dans cet épisode des Bâtisseurs, Richad Mitha reçoit Charles Bignon, associé fondateur du groupe Batibig. Pendant plus d’une heure, il raconte comment ce groupe de 64 entreprises du bâtiment s’est construit patiemment à partir d’une petite société de plomberie reprise en 2005, pour devenir aujourd’hui un acteur majeur de la rénovation et du dépannage. À travers son histoire, on découvre comment le groupe Batibig utilise la reprise d’entreprises comme un levier de transmission, de progression de carrière et de rénovation énergétique, dans un secteur en tension mais riche d’opportunités.

Chez Synaxe, on croise régulièrement les mêmes problématiques : comment faire grandir des PME du BTP, sécuriser leurs opérations, attirer de nouveaux talents et structurer leur croissance tout en gardant un ancrage humain très fort. L’aventure du groupe Batibig illustre parfaitement ce mouvement de fond dans la construction : des entreprises très techniques, historiquement familiales, qui se structurent, se digitalisent, et se projettent sur le long terme.

Du rachat d’une “belle endormie” à la naissance du groupe Batibig

Tout commence en 2005. Charles Bignon et son frère Justin, tous deux issus d’écoles de commerce, reprennent une petite entreprise de plomberie en difficulté, Chapeau, pour un euro symbolique. Aucun des deux n’est plombier. Ils apprennent donc le métier sur le terrain, épaulés par leurs équipes, en devenant eux-mêmes chargés d’affaires.

Le groupe Batibig ne s’appelle pas encore ainsi, mais les fondations sont là :
– une PME très opérationnelle,
– un mélange de gestion et de technique,
– et la conviction que tout commence par la qualité du service rendu.

Ils traversent la crise de 2008, pivotent vers une clientèle B2B (syndics, administrateurs de biens, institutionnels) et réalisent une première évidence : leurs clients leur demandent d’autres métiers que la plomberie. Couverture, chauffage, électricité, étanchéité… Plutôt que de créer ces activités à partir de zéro, ils choisissent une autre voie : la croissance externe.

Peu à peu, le groupe Batibig se construit en reprenant des entreprises existantes, souvent familiales, dans des métiers techniques complémentaires. Chaque reprise apporte une nouvelle brique :
– la plomberie,
– la couverture,
– le chauffage et la climatisation,
– l’étanchéité, les fenêtres, la rénovation énergétique…

En 2019, après une douzaine d’acquisitions et un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros, ils franchissent une étape symbolique : tous les associés de filiales remontent au capital de la holding, la marque Batibig est créée, et un fonds d’investissement minoritaire fait son entrée pour accélérer encore la croissance.

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Groupe Batibig : une plateforme de reprise, pas un “gros groupe anonyme”

Ce que Charles raconte dans l’épisode, c’est que le groupe Batibig n’est pas pensé comme un groupe qui absorbe et uniformise tout. Au contraire, les entreprises gardent leur nom, leur histoire, leur culture. Certaines existent depuis le XIXᵉ siècle.

Batibig se présente comme une plateforme de reprise au service de ces PME du bâtiment. L’idée est simple :

– respecter le patrimoine humain et technique de chaque entreprise,
– sécuriser la transmission pour les dirigeants qui partent,
– apporter des moyens supplémentaires pour franchir un cap.

Concrètement, le groupe Batibig met en place des fonctions support mutualisées (finance, RH, IT, achats, flotte auto, etc.) au sein d’une entité dédiée, Batiservice. Là où une PME ne peut pas se payer un DAF, un DRH ou un DSI à temps plein, le groupe fournit une structure, des outils, des procédures, tout en laissant les équipes terrain exercer leur métier.

Le groupe Batibig comme fabrique de dirigeants : graduate program et droit à progresser

L’un des points forts du groupe Batibig mis en lumière dans l’épisode, c’est son modèle de progression de carrière. Pour accompagner les reprises, il faut des managers. Plutôt que de chercher ces profils uniquement à l’extérieur, Batibig les fait émerger de l’interne.

Le groupe identifie d’abord des collaborateurs déjà en place dans les filiales, capables de devenir directeurs d’entreprise. Ces personnes n’étaient pas forcément venues pour ça, mais l’opportunité d’entreprendre en étant accompagnées fait la différence.

Pour ne pas “vider” les équipes d’origine de leurs talents, Batibig va plus loin et crée un graduate program. Des jeunes diplômés (écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, autres parcours), attirés par l’idée d’entreprendre dans le bâtiment, rejoignent le groupe pour se former progressivement à la direction d’entreprise.

La règle est claire :
– on commence sur le terrain,
– on passe par les postes opérationnels,
– on gagne sa légitimité avant de manager.

Charles parle de Batibig comme de “l’école de l’humilité” et insiste sur la méritocratie : chacun a le droit de progresser. Un apprenti peut devenir chef de chantier, puis conducteur de travaux, puis directeur. Ce principe du “droit à progresser” est désormais inscrit dans l’ADN du groupe.

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Batischool, BatiLab, RSE : structurer le progrès sans perdre l’esprit artisanal

Au fil de la discussion, Charles détaille trois dispositifs clés qui structurent aujourd’hui le groupe Batibig :

Batischool, l’école de formation interne
BatiLab, le laboratoire d’innovation interne
– Une démarche RSE forte : bilan carbone, fresque du climat pour tous les collaborateurs, politique sociale et sécurité…

Le BatiLab est particulièrement marquant : formulaires clients avec photos, qualification des dépannages à distance, QR codes pour déclencher des interventions, exploitation de l’IA pour analyser les données… L’objectif n’est pas de “faire de la tech”, mais de l’utiliser pour fluidifier la vie des techniciens et accélérer la relation client.

Le groupe Batibig au cœur de la rénovation énergétique

Charles le dit clairement : le groupe Batibig est idéalement positionné pour répondre à la massification de la rénovation énergétique. Entre isolation, chauffage, menuiseries, étanchéité et optimisation des consommations, leurs métiers sont au cœur de la transition environnementale.

C’est un sujet qui touche directement la filière des matériaux de construction — et donc les utilisateurs de Dune dans les carrières, centrales à béton et plateformes de recyclage — où performance énergétique, conformité réglementaire et gestion des ressources deviennent stratégiques.

Un modèle inspirant pour les PME du BTP et leurs partenaires

Ce que montre l’épisode, c’est un modèle réplicable :
– accompagner la transmission,
– structurer les PME,
– faire émerger des dirigeants,
– moderniser sans dénaturer,
– progresser collectivement.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, de digitalisation accélérée, de pression réglementaire et d’exigences climatiques, le groupe Batibig apparaît comme un acteur éclairant et inspirant — un exemple de transformation réussie dans le BTP.

🎧 Écouter l’épisode complet des Bâtisseurs avec Charles Bignon : Les Bâtisseurs | #34 Charles BIGNON - Batibig : de la reprise d’une PME à un groupe BTP humaniste et digital. | Ausha