
Dans ce dixième épisode du Les Bâtisseurs, Richad Mitha rencontre Marion Malandain, fondatrice et CEO de Optimiz Construction. Leur échange éclairant s’intéresse à une problématique très concrète du secteur de la construction : l’optimisation des matériaux sur chantier grâce à un algorithme intelligent.
Dans un contexte où le BTP fait face à des enjeux de performance, de réduction des déchets et de transition environnementale, l’approche développée par Optimiz Construction illustre une transformation pratique des pratiques opérationnelles.
Quand l’algorithme répond aux défis du terrain
L’épisode met en lumière le cheminement qui a conduit Marion à fonder Optimiz Construction, une startup spécialisée dans l’optimisation des matériaux, notamment les treillis soudés, utilisés massivement dans les travaux de gros œuvre.
L’entreprise se distingue par l’utilisation d’un algorithme d’optimisation capable de réduire significativement les pertes de matériaux sur chantier. En combinant des données de plan et des règles de découpe, cet outil aide les équipes à consommer moins, à réduire les déchets et à améliorer la performance globale des opérations.
Cette approche, à la fois technique et pragmatique, permet non seulement de réduire les quantités de matériaux commandés mais aussi d’accélérer la prise de décision en prévision de l’exécution des travaux.
Une réponse digitale à un enjeu concret
L’épisode souligne que cette innovation répond à des problématiques concrètes présentes sur la majorité des chantiers : la perte de matière, la gestion des coûts et l’impact environnemental des déchets non valorisés.
En intégrant l’intelligence algorithmique dès les phases de préparation, Optimiz Construction permet aux entreprises de gagner en performance sur le poste de ferraillage, un poste stratégique souvent coûteux et générateur de pertes.
L’innovation comme levier de durabilité
Au-delà de la performance économique, l’approche de Marion s’inscrit dans une dynamique de durabilité. Réduire les déchets sur chantier ne bénéficie pas seulement aux bilans financiers : cela réduit aussi l’empreinte carbone liée à la production, au transport et à l’élimination des matériaux.
Cette logique fait écho à des enjeux plus larges : économie circulaire, gestion responsable des ressources et intégration de solutions digitales dans le secteur industriel. Elle rejoint aussi les réflexions portées sur la REP et les filières de valorisation, comme abordé dans notre épisode avec Hervé de Maistre sur la REP PMCB.
Vers une transformation globale du chantier
L’épisode montre également que l’optimisation digitale ne se limite pas à l’algorithme : elle transforme la façon dont les équipes travaillent. Les entreprises équipées de tels outils repensent leur organisation, leur antériorisation des tâches et leur anticipation des besoins en matériaux.
Cette dynamique s’inscrit dans une logique de pilotage de chantier plus systématisée, où la donnée devient un actif stratégique pour réduire le gaspillage, maîtriser les coûts et renforcer l’efficacité globale.
Intégrer l’optimisation dans une démarche plus large
Pour les acteurs du BTP soucieux d’accélérer la transformation de leurs pratiques, l’épisode de Marion Malandain est une source d’inspiration concrète. Il montre comment un outil digital — ici algorithmique — peut s’articuler avec les objectifs de performance, de durabilité et de digitalisation du secteur.
Cela fait écho à d’autres thématiques déjà explorées dans les Bâtisseurs :
- avec Hervé de Maistre et la REP PMCB, qui structure la filière des déchets du bâtiment, dans l’épisode 14.
- avec Romuald Ribault et la REP DEEE, montrant comment la responsabilité élargie des producteurs transforme les modèles économiques, dans l’épisode 13.
- avec Nicolas Cruaud et l’innovation dans la valorisation des déchets, dans l’épisode 8.
- avec Bruno Pillon sur les défis et innovations dans les matériaux de construction, dans l’épisode 19.
L’optimisation, clé d’un chantier plus durable
Avec son approche algorithmique, Optimiz Construction illustre un point essentiel : l’innovation digitale ne doit pas être pensée comme un gadget, mais comme un levier concret pour résoudre des problématiques de terrain. En optimisant l’usage des matériaux dès la préparation des chantiers, les entreprises peuvent réduire leurs coûts, limiter les déchets et renforcer leur contribution à une industrie plus responsable.