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La place de la femme dans le BTP

Écrit par
Maëva Gameiro
Publié le
30
/
03
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23
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La place de la femme dans le BTP

Mercredi 12 janvier, a eu lieu la première table ronde portant sur le sujet de la place de la femme dans le BTP. Suite à une forte sollicitation, nous avons décidé de vous fournir un article  qui reprend l'essentiel de ce webinaire.

Pour rappel, cet évènement était coorganisé avec l'association " Les SouterReines” et a réuni 6 intervenantes de talent qui évoluent dans le secteur :

  • Natacha Humel - My Ben
  • Valérie DORE ROQUETA - Vinci Construction
  • Marion Malandain - Optimiz Construction
  • Julia Petit Tortorici - BTP Magazine
  • Myriam Fontaine-Boullé - Les SouterReines
  • Loubna Bounouré - Transamo

Et pour animer cet échange, Richad Mitha le dirigeant de Synaxe, organisateur de l’évènement.

Encore un grand merci à eux.

En vous souhaitant une bonne lecture !

Pour ceux qui souhaiteraient voir le replay:

#11 - Les Bâtisseurs : Etre ou ne pas être une femme dans le BTP | Les Bâtisseurs (ausha.co)

Les chiffres

Selon l'Union des caisses de France congés intempéries BTP (UCF-CIBTP) : la part de l'effectif féminin dans l'artisanat du bâtiment est passée de 8,7% en 2001 à 11,9% en 2018.

Selon la Fédération française du bâtiment (FFB) : elles sont 45,3% à être employées et techniciennes, 20,3% à être cadres, mais seulement 1,6% à travailler sur les chantiers.

Selon la FFB : 24% des TPE/PME ont une femme à leur tête dans le secteur de la construction.

Dans l’artisanat, elles sont 800.000, selon le réseau des chambres de métiers et de l’artisanat (CMA).

La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du Bâtiment (Capeb) compte 13% de salariées et 16.000 dirigeantes en 2022.

Dans les travaux publics, elles n'étaient que 11,6% en 2021. 20 % de femmes cadres et 25,8% de femmes, employés, techniciens et agents de maîtrise en 2021.

On note + 1% de féminisation du secteur en 10 ans, et + 8,6% en 2000 à + 12,3% en 2020 de femmes dans le batiment.

Les causes

Il était important de faire un focus sur les causes de ces évolutions trop légères.

Aujourd’hui, le secteur est rempli de préjugés : la pénibilité, le machisme ambiant, le regard des autres sur un métier peu valorisant au premier abord, les amplitudes horaires pas toujours conciliables avec la famille, les déplacements professionnels fréquents également peu conciliables avec la vie privée, l’absence d’indications claires dans les filières d’étude…

Manque d’initiative de l’éducation nationale

Elles l’ont toutes affirmé, l’éducation nationale joue un rôle majeur. En effet, c'est un secteur trop peu mis en avant et dévalorisé dû à sa spécificité plus technique que général. Le regard porté sur le secteur n’est donc pas valorisant, mettant de côté ces métiers nécessaires aujourd’hui à la vie. De plus, l’école ne forme pas assez aux sujets des discriminations, ne préparant pas alors les femmes à vivre ces situations et à y faire face.

Problème Français ?

D’après leurs expériences, elles évoquent un problème certainement lié à la place des femmes dans notre société française. En effet, elles ont toutes remarqué qu 'en Asie ou en Europe du nord, la place des femmes dans le secteur est bien plus développée qu'en France.

La vision de l’entreprise

Les fiches de postes sont conçues par des hommes, pour des hommes. Les critères de notation sont alors plus orientés au masculin, affectant l’évolution des femmes. Malgré de très bons résultats scolaires et une classe non minoritaire, Loubna a fait face à la dure réalité une fois sur les chantiers : aucune femme dans les travaux ! Il y a 12 ans, Natacha nous confie qu’aucune femme n’était présente sur un chantier, aujourd’hui, on en retrouve quelques-unes. On remarque aussi, que si la culture de l’entreprise va à l’encontre, cela marque un réel frein à l’épanouissement de la femme. Des métiers jugés comme étant plus des métiers d’homme, où les rapports de force sont quotidiens, et où les femmes auront tendance à “se faire manger”. Il faut donc faire ses preuves pour être respectée et affirmer son caractère, plus qu’un homme. Les codes sont amenés aujourd’hui à évoluer avec une nouvelle génération d’entrepreneur et de femmes qui font avancer les choses.

Biais dans les pratiques de communication

Les photos et images utilisées sont souvent des hommes au travail ; les posts Linkedin (le réseau préféré de la construction) ne mettent que rarement en valeur les femmes dans l’exercice de leur métier ou alors en font beaucoup trop. Ce qui brouille le message et lasse les lecteurs. Les offres d’emploi aboutissent à des entretiens souvent intimidants, avec des hommes RH ou opérationnels très installés dans leurs postes et parfois bourrus.

Biais dans l’intégration post recrutement

Sur le terrain, les hommes encadrants s’adressent de préférence aux hommes pour donner des explications; les femmes qui s’imposent à des postes d’encadrantes ne sont pas toujours bien acceptées par les équipes opérationnelles de la vieille école, réticentes à obéir à une femme ; les plaisanteries déplacées et machistes sont encore présentes lorsque les femmes doivent exercer leurs compétences.

Les solutions

Loi rixain

Pour accélérer l’égalité professionnelle, la loi Rixain, adoptée le 24 décembre 2021, vise à établir un seuil de féminisation dans les entreprises. Pour cela, elle imposera aux entreprises de plus de 1.000 salariés, la présence de 30% de femmes à des postes à responsabilité d'ici à 2026, et à 40% à compter de mars 2029.

35 % des entreprises ont moins de deux femmes dans les dix meilleures rémunérations.

Deux mois plus tôt, l’accord relatif à l’égalité femmes-hommes était entré en vigueur, pour assurer l’égalité salariale et une représentation équilibrée dans les postes à responsabilités de toutes les entreprises d’architecture et de leurs instances représentatives.

De plus, depuis mars 2020, toutes les entreprises françaises d’au moins 50 salariés doivent publier la note globale de l’index de l’égalité femmes-hommes chaque année. En 2022, sur l’ensemble de ces entreprises, « 98% doivent encore faire des efforts pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes », note le ministère du Travail. 35% des entreprises ont moins de deux femmes dans les dix meilleures rémunérations.

Formations

Enfin, les formations professionnelles se féminisent de plus en plus. Des formations exclusivement composées de femmes dans plusieurs centres de formation en France ont vu le jour. Ces formations les accompagnent dans l'apprentissage du métier de maçon VRD par exemple, visant ensuite à décrocher un emploi dans des entreprises de travaux publics. C'est le cas du centre de formation Généa Formation à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), qui a permis à sept femmes en juin dernier de débuter une alternance d'un an au sein du groupe Charier. Le CCCA-BTP encourage la féminisation des métiers du bâtiment et des travaux publics, à travers l’opération « Plurielles. Les femmes au cœur du BTP »

Chacune des intervenantes a partagé aussi ce qu'elles mettaient en place elle-même en tant que femme dans le secteur.

Objectif 100 des SouterReines

Sur l'année scolaire 22-23, l'association va permettre aux élèves de 3ème d'effectuer leur stage d’une semaine dans le domaine du BTP. Cela grâce à un réseau d’adhérents et à l’association qui s’engage à fournir des EPI.

Interview

Natacha met en place des interviews de femmes sur le chantier afin de se renseigner et partager sur leurs métiers.

Être à l'écoute

Les femmes ne se sentent pas forcément à leur place. Il faut engager les femmes à se livrer et parler de leurs situations au travail. Notamment en multipliant les évènements comme celui-là.

Informer

Dès le plus jeune âge : permettre aux étudiants de se renseigner sur le secteur dès leur rentrée au lycée et fin collège.

Il y a une nécessité de mieux réorienter les femmes qui souhaitent se réinventer, se reconvertir dans le BTP car les opportunités sont là : gros panel de différents métiers, dont de nombreux postes dans l’encadrement, le numérique et l’environnement sont des leviers de recrutements pour qui a des appétences dans le digital et la volonté de contribuer à un monde meilleur.

Les quotas

Sujet faisant souvent débat, certaines de nos intervenantes qui étaient contre, ont aujourd’hui changé d’avis. Bénéficier d’une loi qui offre des opportunités aux femmes, est une réelle chance qu’il faut saisir. Les femmes dans le bâtiment méritent leurs places !

Encore un grand merci à l’équipe et aux spécateurs qui ont su intervenir en grand nombre durant la table ronde.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter : marketing@synaxe.com

Si vous souhaitez prendre contact directement avec Richad, pour échanger sur comment moderniser votre industrie, c'est par ici : rmitha@synaxe.com

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